Les Français et la superstition

À l’occasion du seul vendredi 13 que compte cette année 2022 – en l’occurrence le 13 mai -, Esteban Frédéric a souhaité mesurer le degré de croyance des Français dans différents domaines liés aux parasciences. L’étude menée fin avril par l’IFOP auprès de plus d’un millier de personnes montre que celui-ci augmente régulièrement depuis plusieurs décennies, qu’il s’agisse de la foi accordée à la voyance, aux signes et objets porte-bonheur ou malheur ou encore à l’astrologie.

Si aujourd’hui, 1 Français sur 3 se dit superstitieux, ils sont dans les faits bien plus nombreux à donner de l’importance aux bons et mauvais présages que représentent le fait de trouver un trèfle à 4 feuilles, de toucher du bois ou de compter tel ou tel signe zodiacal dans son entourage. L’enquête met également en lumière une sensibilité accrue chez les jeunes, les femmes et les catégories socio-professionnelles populaires, plus enclins que le reste de la population à être attentifs dans leur vie quotidienne à ces phénomènes.


Parasciences : les femmes bien plus sensibles que les hommes

1 Enquete FLASHS IFOP pour Esteban Frederic Les Francais et la superstition
Enquête exclusive IFOP pour Esteban Frédéric 1

Ainsi que le soulignent les courbes dressées par l’IFOP, les Français sont au fil des décennies de plus en plus nombreux à attribuer du crédit aux parasciences. Plus de 6 sur 10 déclarent en effet aujourd’hui croire en au moins une superstition ou une discipline de mancie. Qu’il s’agisse de la lecture des lignes de la main, du pouvoir des signes zodiacaux ou bien encore des phénomènes de sorcellerie et d’envoûtement, le rythme de progression est spectaculaire.

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Enquête exclusive IFOP pour Esteban Frédéric 2

En la matière, les femmes sont nettement plus sensibles que les hommes. Elles sont ainsi 54% à adhérer à l’explication des caractères par les signes astrologiques quand les hommes ne sont que 34% dans le même cas. Croire en sa bonne étoile est la superstition la plus et la mieux partagée puisque 54% des hommes et 58% des femmes y donnent foi. D’une manière générale, le niveau de croyance de la gent féminine est systématiquement supérieur à celui de la gent masculine.

1 Français sur 3 croit en la voyance

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Enquête exclusive IFOP pour Esteban Frédéric 3

17% des personnes interrogées par l’IFOP déclarent avoir déjà consulté un(e) voyant(e) au cours de leur vie. Dans la logique du constat dressé précédemment, les femmes sont quasiment deux fois plus nombreuses (22%) que les hommes (12%) à avoir entrepris la démarche de connaître ce que l’avenir pourrait leur réserver. Quand bien même ils n’ont pas franchi le pas, près du tiers des Français disent croire en la voyance, un chiffre en nette augmentation depuis l’an 2000 (+ 11 points). Une tendance qui se confirme lorsqu’on interroge nos concitoyens sur leurs pratiques : 34% d’entre eux ont déjà ou pourraient consulter un professionnel de la voyance, les femmes (37%) étant plus susceptibles de le faire que les hommes (32%).


Le 13, un chiffre qui compte

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Enquête exclusive IFOP pour Esteban Frédéric 4

Qu’on estime qu’il porte chance ou non, le chiffre 13 ne laisse pas les Français indifférents, le quasi doublement du nombre de joueurs enregistré par habituellement par la Française des Jeux un vendredi 13 en atteste. Ils sont 26% à reconnaître y faire attention dans leur vie quotidienne, une proportion qui double lorsqu’on interroge plus spécifiquement les jeunes générations puisque 43% des 25-34 ans sont dans ce cas. Les plus âgés sont au contraire bien moins réceptifs aux croyances qui entourent le 13, 13% (eh oui !) seulement lui accordant de l’importance dans leur quotidien.


Trèfle à 4 feuilles, étoile filante, chat noir…

Parmi les signes et objets auxquels les Français prêtent des vertus positives ou négatives, leurs croyances sont plus fortes pour ceux censés porter bonheur que ceux susceptibles d’entrainer leur lot de contrariétés.

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Enquête exclusive IFOP pour Esteban Frédéric 5

69% des personnes interrogées croient ainsi à au moins une superstition « positive » comme trouver un trèfle à 4 feuilles (52%), toucher du bois (49%) ou voir passer une étoile filante (49%). Des signes auxquels les femmes sont à nouveau plus sensibles que les hommes, les 3/4 d’entre elles (75%) croyant à au moins l’un d’entre eux contre 63% des hommes.

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Enquête exclusive IFOP pour Esteban Frédéric 6

Si elles leur semblent moins porteuses de sens, les superstitions « négatives » sont toutefois présentes chez les Français, 52% disant croire à au moins l’une d’elles. Parmi les plus citées, passer sous une échelle (33% pensent que cela porte malheur), casser un miroir (33%) ou encore mettre le pain à l’envers (33%) occupent toujours une place de choix dans l’imaginaire populaire. En revanche, le fait de croiser un chat noir la nuit n’inquiète que 14% des personnes interrogées par l’IFOP. Les femmes sont particulièrement effrayées à l’idée de casser un miroir (47% redoutent que cela puisse leur nuire) ou à la vue d’un parapluie ouvert dans une maison (47% d’entre elles craignent qu’il s’agisse d’un mauvais présage).


30% des Français se disent superstitieux

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Enquête exclusive IFOP pour Esteban Frédéric 7

Au regard des différents éléments qui viennent d’être énoncés, l’on pourrait penser qu’une majorité de Français s’avoueraient superstitieux. Ce n’est pas le cas, quand bien même 1/3 d’entre eux (30%) tout de même le reconnait, une chiffre en hausse de 7 points par rapport au début des années 90. On constate là une différence intéressante de perception entre le fait d’accorder de l’importance à certaines croyances et celui de se considérer in fine comme sujet à la superstition. Probablement parce qu’en ces temps où la rationalité l’emporte dans bien des domaines, être superstitieux peut apparaitre comme une faiblesse de l’esprit. Dans le détail, les 25-34 ans, ceux dont nous avons vus qu’ils croient le plus au pouvoir du chiffre 13, sont les plus nombreux à se dire superstitieux (45%), les femmes (35%), les employés (42%) et les ouvriers (39%) se situent également au-dessus de la moyenne des Français en la matière. Sur le plan géographique, c’est dans le Sud-Ouest (37%) que l’on trouve le plus de personnes superstitieuses quand elles ne sont que 23% à se qualifier ainsi dans le Nord-Est de la France.


La chance fuit 7 Français sur 10

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Enquête exclusive IFOP pour Esteban Frédéric 8

Plus de 7 Français sur 10 ne se considèrent pas comme chanceux et 15% comme pas chanceux du tout. Cette appréhension est particulièrement liée à la catégorie socio-professionnelle à laquelle appartiennent les personnes interrogées dans cette étude. Ainsi, parmi les répondants qui, par ailleurs, se considèrent comme les perdants de la mondialisation, 21% disent qu’ils ne sont pas chanceux du tout contre 3% seulement chez ceux qui estiment que la mondialisation leur est profitable. Une différence nette apparait également entre les cadres supérieurs et les ouvriers : quand 8% seulement des premiers se voient comme n’ayant pas de chance du tout dans la vie, 27% des seconds ont ce sentiment.


Quand le signe astrologique détermine la relation

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Enquête exclusive IFOP pour Esteban Frédéric 9

S’ils n’accordent pas grand crédit aux horoscopes – 95% des personnes interrogées expliquent ne pas changer leur projet après avoir lu le leur -, demander à une personne que l’on rencontre son signe astrologique est une démarche assez courante : près d’un quart des Français (24%) indiquent poser la question à un(e) ami(e) ou à un(e) potentiel(le) partenaire avec qui construire une relation sur le long terme. En revanche, à peine 1 répondant sur 10 (9%) à s’enquiert du signe de celui ou celle qui partagera son lit le temps d’une soirée. C’est à nouveau chez les plus jeunes que le signe astrologique de la personne que l’on rencontre prend le plus d’intérêt : 51% des 18-24 ans demandent le signe zodiacal de leur entourage contre 16% chez les plus de 65 ans. Les femmes (37%) sont également plus nombreuses que les hommes (23%) à poser la question.

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Enquête exclusive IFOP pour Esteban Frédéric 10

Logiquement, c’est chez les jeunes et parmi la gent féminine que l’on trouve le plus de personnes pensant que leurs relations sont influencées par le signe zodiacal de leur entourage : un tiers des 25-34 ans et un quart des femmes déclarent en effet y croire quand, globalement, 20% des Français sont dans ce cas.


Le point de vue d’Esteban Frédéric

Cette enquête est particulièrement intéressante car elle montre que beaucoup de gens sont sensibles à différentes croyances, même si tous ne se reconnaissent pas comme étant superstitieux. Notre héritage familial, les traditions populaires auxquelles nous sommes exposés depuis notre plus jeune âge font qu’à des degrés divers, nous interprétons régulièrement signes et situations. Celles et ceux qui n’y croient pas du tout sont rares et beaucoup de personnes, tout en ayant besoin de rationaliser et d’intellectualiser, restent curieuses et ne ferment pas la porte. L’étude de l’IFOP montre également que la proportion de Français qui adhèrent à certaines « superstitions » progresse décennie après décennie. J’y vois notamment deux raisons. Chez les jeunes tout d’abord, les réseaux sociaux jouent un rôle très important. De nombreux Youtubeurs et influenceurs sur TikTok proposent aujourd’hui des contenus qui donnent la tendance de la journée, des sortes de guidances qui sont très suivies par leurs abonnés. Ils contribuent à populariser différentes pratiques spirituelles et divinatoires auxquelles leur jeune public prête de plus en attention et crédit. L’autre explication réside selon moi dans le besoin de plus en plus fort qu’ont aujourd’hui les femmes et les hommes de donner un sens à leur vie. Le succès de tout ce qui tourne autour du développement personnel est le fruit de cette quête de spiritualité qui peut prendre diverses formes, par exemple le fait de se tourner vers la voyance ou l’astrologie pour obtenir des réponses. Enquête menée par l’Ifop pour Esteban Frédéric du 28 au 29 avril 2022 auprès de 1 012 personnes âgées de 18 ans et plus, représentatives de la population française.

Vous pouvez télécharger les résultats complets de l’enquête via ce lien.