Marie17
C'est un aperçu de mon exutoire et j'en ai encore pleins d'autres à mon actif. Une forme de bilan intérieur. Tu sais quoi je crois que j'ai vraiment besoin de repos et de néant pour me remettre à ce que j'aime le plus au monde après mes enfants... écrire. Me mettre au vert prendre du recul, tu vois les cartes ne mentent pas. Je suis épuisée. Prends-le pour un petit cadeau de ses trois mois de consultation où je me suis perdue mais finalement où tu m'as aidé à me retrouver. Je retrouve mon essence. J'ai plus envie de savoir tu sais, juste reprendre ma vie en main peu importe les difficultés. Désolé c'est un peu long mais ça mérite largement cette reconnaissance. Prends bien soin de toi. Je laisse glisser ma plume sur cette page blanche, Aucun point A ne reliera de point B, Je la laisse divaguer au fil de mes pensées. Aucun vers, aucune rimes, juste une encre qui trépigne, De pouvoir noircir le papier, me laissant bercer au soleil qui toise. Ces instants-là font partie de mes petits bonheurs, Ceux où mon âme remplie de joie me murmure « tu es toi !» Sans masque qui scelle les lèvres et étouffe, Sans jugements, sans être montrée du doigt, Sans paraître pour une extraterrestre. Oui, ce masque que l’on doit porter dissimulant notre vérité, Bouchant les failles, camouflant les blessures, celles que l’on ne doit pas montrer, Celles qui doivent rester transparentes au yeux du monde, Comme un fantôme errant, comme un déni sous-jacent. Et pourtant, elles font partie de notre histoire, De ce que l’on est à l’instant présent, De ce qui a forgé notre moi-intérieur. Parce qu’aujourd’hui, montrer ses émotions, dévoiler ses sentiments, Est quelque chose d’impensable. On se doit de faire semblant, Mais nous restons malgré tout humains, Parfois la peine nous déchirant. Aujourd’hui, seule une image lisse sans rugosité est conseillé pour se mettre en avant, Pour savoir se vendre au regard des autres, Se mentir à soi-même et à ceux qui nous entourent sous prétexte que la vérité dérange. Je regarde le ciel et sa luminosité, il est bleu et sans nuages, Je savoure cet instant où seule, le bien-être me fait du zèle. Il n’y a aucune ombre au tableau pour noircir cet état de grâce, Et puis ne dit-on pas que sans ténèbres la lumière n’existerait pas ? Seule face à moi-même, je souris et goutte aux joies de cet éphémère printemps. Le silence se fait douceur, je peux entendre les battements de mon cœur, Apaisé et si tranquille, l’esprit libre et sans contraintes. Comme cette mer d’huile livrant un horizon où un « tout est possible », Comme cette verte prairie, dévoilant ses trésors à l’aube des saisons, Les yeux se ferment, le monde se tait, le chant des oiseaux fredonne. Je n’aurai jamais les mots parfaits pour décrire ce que je ressens, Loin de ce monde tournant à vive allure, sans même prendre le temps. Ce temps qui nous est compté, à chaque seconde, chaque minute, chaque heure, Je ne veux plus lutter et perdre mon temps, je ne veux plus m’enliser, me compliquer, Je veux juste pouvoir encore rêver à l’ombre du cytise, Et tout simplement me rappeler ô combien… La vie est belle, qu’avec beaucoup de patience on apprend à l’apprivoiser, Avec ses remous, ses ressacs, ses montées vertigineuses et ses chutes libres, Savoir l’aimer à sa juste valeur, comme un bateau ivre se laissant porter.

